Arles, un certain matin 1980…

( à CATHERINE ) 

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Trois heures du matin…

Arles l'Antique

 est assoupie; ses portiques

et vestiges Romains

enveloppés de mystère et de rêves

 

Toi, tu te lèves

dernier baiser

un dernier signe de la main

ton pas léger dans l'escalier

et mon coeur tout-à-coup

cogne à grands coups

irréguliers

 

Désemparé, imbécile

je suis debout au pied du lit

hébété, immobile

tel un oiseau tombé du nid

 

La porte, en bas, s'est refermée

et  devant le musée Reattu

tes talons claquent dans la rue

déserte, mal éclairée

 

A travers la vitre embuée

je regarde ta silhouette

gracieuse, fluette

s'en aller

emportant ma tendresse

mes désirs, mes caresses

et aussi enfoui

au plus secret de toi

un peu de moi

et de ma vie

 

Dehors, zéro degré

le bruit de ta voiture

s'évanouit bientôt dans la brume gelée

et déjà la froidure

se répand peu à peu en mon corps fatigué

 

Mon coeur est vide et froid

et le miroir de glace

fondues toutes les glaces

de nos bouillants émois

 

Bras en lacets, cheveux des fées

les draps bleus et froissés

ont l'odeur vanillée

de ton parfum hindou

 

Les murs ont conservé

l'écho de nos mots doux

et soupirs échangés

 

 La porte des toilettes

est restée entr'ouverte

comme tu l'as laissée

 

T'as oublié tes cigarettes

mentholées vertes

et ton briquet

que tu viendras chercher

demain, peut-être

…ou bien jamais

 

jlm

 

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